peinture 1955-1960

Abstraction, véhémence et Collège vaudois des artistes concrets

Perdue la fraicheur du lac. Oubliée la lumière des îles. Retour vers le nord. Inévitable. Les Beaux-Arts à peine terminés, la rupture et la réaction contre la tradition humaniste s’imposent, l’art d’Hesselbarth sera abstrait. Il affiche la volonté claire d’être reconnu comme peintre, peintre à l’avant-garde, comme un artiste du renouvellement. Tuer l’ancienne peinture pour mieux la servir. S’affirmer face à l’héritage artistique, face à cet oncle, jeune sculpteur au talent reconnu. Les compositions abstraites de la période du Collège vaudois des artistes concrets se dirigent vers un art construit, un art qui peut se multiplier, un art pour tous. Face à l’absence de soutien institutionnel, leur position vise à défendre les intérêts des artistes, assurer une plus large diffusion de leurs œuvres, intégrer leur art dans l’architecture, collaborer avec les pouvoirs publics, exister dans la vie artistique locale. Et ce n’est qu’en 1957, au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel que la reconnaissance de l’art abstrait en Suisse se réalise vraiment.