peinture 1975-1990

La nuit descend des arbres

L’abstraction expressive est en place. Les peintures sont réalisées en Provence, en plein air, riches de couleurs. De retour à Lausanne, les tons sourds reprennent leurs droits, l’obscurité s’installe, la peinture n’est pas aboutie à sa sortie de Provence, trop claire, trop lumineuse encore. Densité du rouge et du bleu, violet violent, présence incontournable du noir. Jeter la peinture pour dire l’instant de la création, l’individualité, la liberté conquise. Aucune notion de mouvement, de temps, ni d’espace. Aucun repère figuratif ou même d’échelle. Nivellement par la matière, égalisation des plans, saturation, rien n’arrête le regard dans cette peinture ouverte, fenêtre sur un visible qui mène à l’invisible. Dynamique, vibration, exploration plutôt que contemplation. Hesselbarth s’inscrit dans une forme de refus acharné de tout principe acquis, de toute lecture lisse, de toute séduction. Se conquérir par le travail, assumer son étrangeté, affronter l’accident, jouer de l’immédiateté, faire accepter l’inacceptable. En 1978, les débuts du tachisme suisse sont célébrés au Kunsthaus de Zurich.